Guide
Le taux de défaut est devenu LE chiffre que tout investisseur en crowdfunding immobilier doit surveiller. Ce guide explique ce que mesure exactement notre baromètre, pourquoi les chiffres sectoriels ont atteint des sommets, et surtout comment interpréter les écarts — parfois énormes — entre plateformes.
Par Pierre-Marie Savoyant · Crowdfunding Pulse
Notre baromètre repose sur les indicateurs de performance officiels que chaque plateforme agréée PSFP publie sur son site, selon la nomenclature commune de Financement Participatif France. Dans ce cadre, un projet est en défaut lorsque son remboursement accuse un retard de plus de 6 mois par rapport à l'échéancier contractuel, ou lorsque le porteur de projet fait l'objet d'une procédure collective (sauvegarde, redressement judiciaire, liquidation).
Trois indicateurs cohabitent et se complètent : le taux de retard (tout dépassement d'échéance, même court), le taux de défaut (retards > 6 mois et procédures collectives) et le taux de perte (pertes définitivement actées). Le premier réagit vite, le deuxième confirme, le troisième solde — avec des années de décalage. Notre guide de définition détaille chaque notion ; la méthodologie décrit comment nous relevons, datons et historisons ces chiffres à la source.
L'erreur de lecture la plus répandue consiste à traiter ces trois taux comme des synonymes. Ils racontent trois moments d'une même histoire :
Conséquence pratique : un taux de défaut élevé avec un taux de perte quasi nul décrit un portefeuille sous tension, en cours de résolution — pas un portefeuille perdu. Inversement, un taux de perte encore à 0 % ne « prouve » rien : il est simplement trop tôt.
Les indicateurs sectoriels de défaut tournent autour de 25 à 30 % en montant début 2026. Ce niveau, inimaginable avant 2022, est l'héritage direct de la crise immobilière 2023-2025 :
Le crowdfunding finançant le maillon le plus exposé (le haut du plan de financement, remboursé en dernier), il a encaissé la crise de plein fouet. Les millésimes 2021-2022 — investis au sommet du marché — concentrent l'essentiel des difficultés, tandis que les projets financés après le repricing de 2024 partent sur des bases plus saines. C'est pourquoi le taux global baisse lentement même quand la situation s'améliore : le stock de dossiers en difficulté met des années à se purger.
Le chiffre sectoriel masque une dispersion considérable : certaines plateformes restent sous 10 % de défaut quand d'autres dépassent 40 %. Ces écarts s'expliquent par des facteurs identifiables :
Moralité : comparez les taux à contexte comparable, et lisez toujours le couple défaut + perte avec l'ancienneté et le volume remboursé. C'est la logique de l'Indice Pulse, qui synthétise ces dimensions en un score unique.
Ce guide n'affiche volontairement aucun chiffre par plateforme : les taux évoluent chaque mois, et un chiffre figé dans un article devient faux en quelques semaines. Les données à jour, datées et historisées, vivent dans les pages dédiées du site :
Chaque valeur porte la date de son relevé, et les relevés mensuels successifs construisent l'historique — ce qu'aucun comparatif figé ne peut offrir.
Notre baromètre est un outil d'aide à la décision, pas un oracle. Ses limites sont celles de ses sources : les indicateurs sont déclarés par les plateformes (même normalisés FPF, des différences d'interprétation subsistent, notamment sur les prorogations) ; ils décrivent le passé d'un portefeuille, pas la qualité des projets ouverts aujourd'hui ; et ils ne capturent pas tout (qualité du reporting, solidité financière de la plateforme elle-même — sur ce point, voir notre guide faillite).
Utilisez le baromètre pour écarter les situations manifestement dégradées, suivre les trajectoires et calibrer votre diversification — pas pour chercher une fausse précision au dixième de pourcent. Et rappelez-vous : même la meilleure plateforme du classement ne supprime pas le risque de perte en capital propre à chaque projet.
Début 2026, les indicateurs sectoriels tournent autour de 25 à 30 % en montant (nomenclature FPF : retards de plus de 6 mois et procédures collectives), conséquence de la crise des promoteurs 2023-2025. La dispersion entre plateformes est très forte — de moins de 10 % à plus de 40 % — d'où l'intérêt d'un suivi plateforme par plateforme.
Non. Le défaut mesure le capital en retard de plus de 6 mois ou en procédure, pas le capital perdu. Une partie significative est généralement récupérée via les garanties et les procédures de recouvrement — mais cela prend des années, et l'issue varie fortement selon les plateformes et les dossiers.
Principalement à cause de la typologie des opérations financées (promotion vs marchand de biens), de la politique de sélection et de garanties, des millésimes dominants du portefeuille (2021-2022 étant les plus touchés) et de la dynamique de collecte, qui dilue ou concentre mécaniquement le taux. La qualité du recouvrement fait ensuite la différence entre défaut récupéré et perte définitive.
Les relevés sont automatisés et mensuels, calés sur la cadence de publication des plateformes (nomenclature FPF). Chaque valeur affichée sur le site porte la date de son relevé, et l'historique des relevés successifs permet de suivre les trajectoires.